Prêter l’oreille au pauvre

Prêter l’oreille au pauvre

Un conseil, plus même, un commandement, vieux comme le monde de l’écriture : “Prête l’oreille au pauvre” nous rappelle l’auteur inspiré du Livre de l’Ecclésiastique dans l’Ancien Testament. Toujours invitant à la sagesse, il poursuit un peu plus loin : “Ne t’appuie pas sur tes richesses”. Voici donc des messages profitables pour tous, sinon nous aurions tendance à nous endormir.

Ce n’est d’ailleurs pas votre cas, car vous ne relâchez pas votre vigilance et votre générosité, chers Amis et Bienfaiteurs lisant ces quelques lignes. Vous vous dites, toujours patients et attentifs : “Ah ! Nous voyons bien où il veut en venir, encore une fois !” et cela ne vous décourage pas. J’en viens donc là où vous m’attendez…

Comme vous le saviez déjà, plusieurs projets vitaux étaient en préparation dans la fondation, surtout l’ouverture de la Maison Jérôme Lejeune pour les enfants des rues handicapés mentaux et celle de la ferme St Alberto Hurtado SJ, pour la réhabilitation des enfants des rues les plus touchés. Tout avance lentement mais sûrement, comme l’ajoutent les fins stratèges !

La maison pour les enfants des rues handicapés mentaux vient tout juste d’ouvrir ses portes. Une quinzaine de ces enfants (qui étaient dispersés dans les différents centres) y ont été rassemblés, bénéficiant d’un meilleur suivi et d’une aide appropriée. Dans un second temps, il serait souhaitable de prévoir aussi un accueil de jour pour les enfants trisomiques de familles pauvres de Manille. Il nous faut encore trouver 15 000 € pour boucler le budget de la première année de fonctionnement de cette maison pour handicapés. Je sais que vous ne vous appuyez pas sur vos richesses…

Pour la ferme, Monseigneur Socrates B. Villegas, évêque de Balanga, diocèse de la province de Bataan (grande bataille de la dernière guerre mondiale) au Nord Ouest de Manille, prête un terrain très bien exposé et fertile, en pleine campagne, mais très proche d’une école. Cette ferme pourrait accueillir 25 enfants des rues ayant besoin de couper totalement avec la ville et de se purifier à la campagne. Ce projet demande une longue préparation et ne pourra être démarré que lorsque nous aurons rassemblé les 30 000 € nécessaires à sa première année de lancement. Je sais que vous prêtez l’oreille au pauvre…

Chaque projet est pesé scrupuleusement en fonction des besoins vitaux observés sur le terrain mais aussi des ressources financières à trouver. C’est pourquoi la fondation est en perpétuelle recherche d’économies. Ainsi après bien des rebondissements, l’archidiocèse de Manille nous prête, pour une période d’au moins vingt ans, une grande maison au chevet de la cathédrale, Intramuros, dans le “vieux” Manille détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ce bâtiment va nous permettre de réduire nos coûts de location puisqu’il accueille depuis 1 mois dans un même endroit les 3 centres pour jeunes filles des rues.

Comme l’écrivait Simone Weil (La Pesanteur et la Grâce) “On n’a l’expérience du bien qu’en l’accomplissant.” Cette expérience, contrairement à celle du mal, en vaut la peine comme vous le savez. Et il n’est pas interdit d’en user et d’en abuser. Dès à présent, je vous exprime la reconnaissance et la gratitude des enfants que vous allez aider, que vous allez aimer.

P. Jean-François Thomas S.J. - Directeur de la fondation
Avril 2006

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